Delphine Touzet
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Short Film

La confiance, faire la poésie




En 2009 elle réalise son premier film " La confiance, faire la poésie " qui sera aussi comme sa réparation. En janvier 2010 Culture Unplugged Studios lui ouvre ses portes et comprend son message. Depuis elle continue de recoudre ses os. Et travaille à son second court-métrage " Les bols à lire ". Ce n’est jamais fini...
On 2009 she realises her first film « La confiance, faire la poésie » as like a reparation. Culture Unplugged Studios has oppened the doors to her and unterstood her message on January 2010. Since she continue to sew up her bones. It’s never finish…



http://www.cultureunplugged.com/festival/films.php ?view=grid&listType=genre&id=21



Un film de Delphine Touzet.
Le film se désire comme une construction qui révèle, qui ravit, qui saisit, qui emporte. Il s’agit d’une suite de points de vues, courts-métrages réalisés par des artistes et moi-même.
Mes courts interludes font le lien, le travail de couture et les chapitres entre chaque homme.
5 points de vue et un processus de création très particuliers font voir et entendre le corps, le corps du texte, font réfléchir sur la sexualité. C’est une approche collective qui construit un pont entre l’acte de création et
l’acte d’amour. Les visions poétiques spiritualisent la matière.
4 vidéastes, artistes ou réalisateurs ont participé au film :
Thierry Bourcy
http://www.thierrybourcy.com
Hervé Hemme
http://www.plusieurs.org
Jérôme Le Goff
http://www.toutcontre.com
G. V.

Le film invite à réaliser l’accord de nos contradictions, à mettre en lumière les corps.

Faire ce film comme un acte magique.
L’amour est merveilleux quand on y met de la lumière et de la poésie.
C’est un travail en réseau, avec d’autres artistes, qui balaye les distances et intègre différents supports numériques. Ici, Internet n’est pas utilisé pour diffuser, ni une finalité en soi. J’ai choisi ce médium pour montrer qu’il peut engendrer une création commune basée sur la confiance. Le film porte un message.



Journal du 7 novembre 2008 :
4 réalisateurs, performeurs ou vidéastes, 1 plasticienne et accoucheuse de bols se sont rencontrés par internet. Les hommes ont pris place à partir des documents numériques que je leur avais envoyé.
Ils ont assemblé leur répertoire, respecté les règles du jeu suivantes : créer à partir de mes images, films, textes, sons et chants / faire apparaître tout ou une partie de mon message / insérer un fragment ou la totalité d’un des deux poèmes de Rimbaud :« Le dormeur du val », « Voyelles ».
Dépôt légal mars 2009 n° 122 856

Le dormeur du val
C’est un trou de verdure où chante une rivière,
Accrochant follement aux herbes des haillons
D’argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c’est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l’herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.
Arthur Rimbaud (1854 – 1891)
Novembre 1870 Recueil : Poésies

Voyelles
A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles,
Je dirai quelque jour vos naissances latentes :
A, noir corset velu des mouches éclatantes
Qui bombinent autour des puanteurs cruelles,
Golfes d’ombre ; E, candeurs des vapeurs et des tentes,
Lances des glaciers fiers, rois blancs, frissons d’ombelles ;
I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles
Dans la colère ou les ivresses pénitentes ;
U, cycles, vibrement divins des mers virides,
Paix des pâtis semés d’animaux, paix des rides
Que l’alchimie imprime aux grands fronts studieux ;
O, suprême Clairon plein des strideurs étranges,
Silences traversés des Mondes et des Anges :
O l’Oméga, rayon violet de Ses Yeux !
Arthur Rimbaud (1854-1891)
Recueil : Poésies

Le message du film :
Ils ont commencé par nous séparer, puis ils ont méprisé les corps et nous ont rendu tristes.
Ils ont fait sans désir, sans volupté, sans nudité. Ils ont aimé sans adorer, sans conscience des sens, sans vision merveilleuse du sexe aimé. Sans union. Ils ont embrassé sans lenteur, aucune sensualité, aucun partage, sans les yeux, aucun regard. Ils ont uni sans retenue, sans émotion, sans frémir. Un jour, ils sont venus plus nombreux avec leurs bâtons, avec leurs épées. Ils ont fait disparaître les déesses. Ils ont dit que la chair salit et que l’esprit élève. Ils ont attaqué le sexe, réprimé nos caresses, nos bijoux. Ils ont moralisé, inventé les voiles, les stucs, les mariages. Ils ont puni, amputé, lapidé, brûlé. Ils ont imposé des lois, des histoires, des sorcières pour nous asservir. Pour nous culpabiliser. Nous nous sommes méprisées nous nous sommes inclinées. Ils ont eu peur et ont fait de notre sexe un animal, ou du dégoût. Nous avons fait l’animal, nous nous sommes dégoûtées. Nous aimerons faire l’animal, nous aimerons le dégoût.
Ils diront sortilèges, possessions, sauvageries diaboliques, hystéries. Nous deviendrons techniques, instruments, médecines. Ils domineront. Nous voudrons dominer. Ils feront de l’homme le chef de famille. Il nous restera uniquement les enfants. Ils dicteront les règles, les interdits. Et toujours auront peur. Et toujours nous pardonnerons. Nous serons mères ou putains, objets de reproduction ou objets de plaisir. Nous aimerons être des objets, nous ferons l’objet et voudrons qu’ils le deviennent. Il n’y aura plus de limite dans la monstruosité... Il faudra lutter contre les Eglises, les Pères, les Maîtres et les violeurs. Il faudra se délivrer de l’enfermement, des tisons et des tonsures. Il faudra relever la tête et dire « Je n’ai pas honte » . « Je n’ai pas honte » Jusqu’à mourir, à la mort « Je n’ai pas honte ». Nous aimerons passionnément, avec le feu, nous guérirons, nous chanterons et danserons. Nous lirons des poèmes arabes, nous deviendrons de grandes dames. Ils aimeront avec la poésie, nous échangerons nos souffles. Nous aurons le droit de choisir. Nous pourrons jouir sans relâche, avec la dépendance. Nous choisirons l’érotisme pour créer, pour nous relier. Pour être UN, être universel et inspiré.
Delphine Touzet, 2009

English :
My film is like a creation that reveals, that delights, that moves, and that carries away.
It’s about a series of points of views, of short films created by fellow artists and by myself. 5 points of views and a very special process of creation makes us see and listen to the body, to the body of the text, makes us think about sexuality. It’s a collective approach which builds a bridge between the act of creation and the act of making love.
Poetic visions spiritualize matter. 4 producers took part in the film.

The film invites us to realize the concord of our contradictions, to put bodies into the light.
To feel in harmony, to find oneself, to make up for the separation, to see one’s sex, one’s flesh, to hear one’s voice, one’s breaking : making this film like a magic act.
To heal, to be astonished by the feelings of joy, of tenderness and of laughing too.
Love is wonderful when you put light and poetry in it.

It’s a network project with fellow artits which sweeps distances away and incorporates different digital devices. Here, Internet is neither used to spread information nor is it an end in itself. I’ve chosen this medium to show that it can trigger a collective creation based on trust.
The film carries a message.

Diary of November 7th 2008
4 directors, performers or video directors
1 visual artist and "bowl midwife" met wia internet, united to tell messages of love.
Men have found their place, they created rhythms and moves thanks to the digital documents I’ve sent them. They have gathered their skills, followed the following rules :

- to create from my pictures : texts, sounds or songs

- to make a part or the whole of my message visible

- to insert an extract or the whl=ole text of one of these two poems by Rimbaud : « Le dormeur du val », « Voyelles »

I had to make this film, it was important. It’s my first film, it means a lot to me.
I’ve got other projects, and others will follow.

The film has a message :
They began to drive us apart, then they despised the bodies and made us sad. They made love with no desire, no sensual delight, no nakedness. They loved without worshiping, without any sense consciousness, without any wonderful vision of the beloved sex. With no union, they kissed with no slowness, no sensuality, no sharing, without their eyes, no glance. They united with no reserve, with no feelings, without shivering. One day, they were more numerous and they came with their sticks, with they swords. They made the goddesses disappear. They said that flesh dirties and that mind raises. They attacked sex, repressed our caresses, our jewels. They sermonized, invented veils, stucco, and weddings. They punished, amputated, stoned and burnt. They imposed laws, stories and witches to enslave us. To make us feel guilty. We have despised ourselves, we have admitted defeat. They were afraid and turned our sex into an animal or into disgust. We have behaved like animals, we have felt disgust for ourselves and still will.
They will say we are nothing but spells, possessions, savageries, devils, hysteria. We will become technics, tools, medecines. They will have control. We will want to have control too. They will turn man into the head of the family. We will only have the children left. They will dictate the rules and bans. And they will still be afraid. And we will still forgive. We will be mothers or whores, objects of reproduction or of pleasure. We will enjoy being mere objects, we will behave as such, willing to reify them.
There will be no limit against montrosity...We will have to fight against the Churches, the Founding Fathers, the Masters and the rapists. We will have to free ourselves from confinement, from brands and from close-cropped hair. We will have to go ahead with our chins up and say "I’m not ashamed, I’m not ashamed." Until death, "I’m not ashamed." We will passionately love, with fire we will heal, sing and dance. We will read Arabic poems, we will become fine ladies. They will love us with our poetry, and we will mingle our sighs. We will have the right to choose. We will be able to reach climax without respite, with dependence. We will choose erotism to create, to be link to each other. To be ONE, a universal and inspired being.
Delphine Touzet, March 2009 « Trusting, making poetry ».



Fiche de présentation

Présentation du court-métrage :
Fiche du film : La confiance, faire la poésie
un film de Delphine Touzet

« La confiance, faire la poésie » présente du 13 au 22 mai 2009 à Cannes.


Catégorie :
premier court-métrage expérimental, poétique, numérique réalisé en 2009
Première oeuvre expérimentale
Titre original : "La confiance, faire la poésie"
Titre français : "la confiance, faire la poésie"
Date d’achèvement : mars 2009
Production : Delphine Touzet, auto-produit
Nationalité du film : française
Langue originale du film : française
Support de projection : Vidéo DVD ou mini DV
Format : 4/3
Durée : 35’
Couleur & Noir et Blanc
Concept-Scénario : Delphine Touzet
Image-Réalisateurs participants :
Thierry Bourcy, Hervé Hemme, Jérôme Le Goff, Delphine Touzet, G. V.
Montage : Hung Ju Chao et Raynald Letertre
Son : Raynald Letertre
Musique originale : Mathieu Cachera, Cetusss, Raynald Letertre, Delphine Touzet.
Interprètes :
Thierry Bourcy, Hervé Hemme, Jérôme Le Goff, Lénaïck, Delphine Ralin, Delphine Touzet.
Bref Résumé du film : 5 points de vue et un processus de création très particuliers font voir et entendre le corps, le corps du texte, font réfléchir sur la sexualité. C’est une approche collective qui construit un pont entre l’acte de création et l’acte d’amour. Les visions poétiques spiritualisent la matière. 4 vidéastes, artistes ou réalisateurs ont participé au film.
Dépôt légal mars 2009 n° 122 856

Lien avec les chefs-monteurs :
http://www.flickr.com/photos/raynaldletertre

Technical card of the print :
Catégorie : first short, numérique 2009/ First film experimental
Original title : « La confiance, faire la poésie »/ English title : « Trusting, making poetry »
Month and year of production : 2009 / Production : self-produce
Film country : French / Language of film : French
Screening format : video DVD / format : 4/3 / Running time : 35 minute,
Colour : colour and black and white / Screenplay : Delphine Touzet
Camera : Thierry Bourcy, Hervé Hemme, Jérôme Le Goff, DelphineTouzet, G. V.
Editing : Hung Ju Chao and Raynald Letertre / Sound : Raynald Letertre
Original music : Mathieu Cachera, Cetusss, Raynald Letertre, Delphine Touzet
Cast : Thierry Bourcy, Hervé Hemme, Jérôme Le Goff, Lénaïck, Delphine Ralin, Delphine Touzet
Summary : 5 points of views and a very special process of creation makes us see and listen to the body, to the body of the text, makes us think about sexuality. It’s a collective approach which builds a bridge between the act of creation and the act of making love.
Poetic visions spiritualize matter. 4 videast, artist or producers took part in the film.

Présentation du débat :
La confiance, faire la poésie : les questions, les échanges possibles.
Proposition d’un débat après la projection du court-métrage pour :

- Expliquer la façon dont le projet a été mené, l’histoire de la rencontre avec les autres artistes.

- Présenter la démarche de chaque artiste et ce qui a motivé le travail de couture, de réalisation.

- Questionner les orientations prises dans le court, interroger le rapport à la sexualité, au corps.

- Faire le bilan du matriarcat, du patriarcat, chercher avec le public les blocages et les solutions, parler de ce qui est possible pour inventer une nouvelle « aire »’ .

- Aborder les questions de l’arbre généalogique, de la mythologie personnelle, de l’héritage, de la réparation .

Présentation de la lecture :
La confiance, faire la poésie : « les 36 choses à faire avant de mourir »



Proposition d’une lecture-installation, à cercle ouvert, en ouverture de la projection. Invitation possible d’un second intervenant pour accompagner la lecture (musicien, poète, vidéaste…)
Durée de la lecture : 15 à 20 minutes.
Les lampes au sel restent allumées pendant la lecture et la projection. Dans la mesure des possibilités, le film projeté est cadré par le bas, il démarre du sol tout de suite après la lecture.

La lecture des « 36 choses à faire avant de mourir » aborde toutes les réflexions développées dans le film. Elle prépare le public à rentrer dans l’univers du court.
Dans l’installation à cercle ouvert reliée à la petite mythologie et aux esprits de l’artiste, on pourra trouver des photographies qui représentent toutes les femmes d’arbre généalogique de l’artiste, des livres, des bols, des animaux, des curiosités, de l’eau, du feu, du sel, de l’encens.

La projection, la lecture, l’installation sont indépendantes les unes des autres. L’ensemble permet de comprendre le travail que développe Delphine Touzet.
"Mon travail s’articule autour de plusieurs domaines : la peinture, l’écriture, la céramique, les installations, les films… Je pratique en pensant que le magique, l’art, les rituels, les rêves, les médecines ne sont pas des activités séparées.
De ces axes, j’exprime ma sensibilité poétique, ma détermination féminine.
Je fabrique des espaces où l’intimité, le collectif peuvent se lover.
Je fabrique des choses qui voudraient vous rendre heureux et vous émouvoir"